Le 18 novembre 2020
Engagement Responsable

Empreinte carbone et classification des expéditions, tout ce qu’il faut savoir ! 


Par Stan



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Dans le cadre de notre démarche responsable, nous nous sommes engagés à quantifier l’empreinte carbone de toutes les expéditions de notre catalogue. Cette étape de mesure nous permet de pouvoir continuer à améliorer les expéditions que nous vous proposons, en poursuivant cet effort de minimisation des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées lors de leur réalisation. Cette quantification nous permet également de vous fournir, à vous participants, une information objective et explicite quant à l’empreinte carbone de l’expédition vers laquelle vous vous dirigez. 

Avant de vous présenter plus en détails le protocole qui nous a permis de quantifier l’empreinte carbone des expéditions, ainsi que le système de classification que nous avons choisi d’utiliser, il nous semble important de commencer par revenir ensemble sur la définition de l’empreinte carbone, ainsi que sur les raisons qui nous ont poussé à entreprendre cette démarche de quantification. 



1. L’empreinte carbone, qu’est-ce que c’est ? 

Depuis quelques années, nous entendons beaucoup parler d’empreinte ou d’impact carbone, ou bien encore d’empreinte environnementale (ou écologique). Bien que ces notions nous soient aujourd’hui familières, elles n’en sont pas pour autant devenues plus claires. Essayons donc de les définir, et de façon claire !  

L’empreinte carbone et l’empreinte environnementale représentent des indicateurs de la pression exercée par les activités humaines sur les ressources naturelles de la planète. Pour être un peu plus précis, l’empreinte environnementale permet de quantifier la durabilité de notre planète en regard des comportements que nous adoptons. Vous avez surement entendu parler du jour du dépassement mondial (qui arrive chaque année de plus en plus tôt !) ? Et bien il s’agit simplement de l’illustration de l’empreinte environnementale de l’ensemble de l’humanité sur la planète. Autrement dit, du jour de l’année à partir duquel l’humanité vit à crédit sur les ressources de la Terre puisqu’elle a consommé l’intégralité de ce que cette dernière est capable de produire et de régénérer à l’échelle d’une année. 

L’empreinte carbone représente quant à elle la quantité de GES produite par l’humanité au travers de ses activités et modes de vie, par rapport à la capacité dont dispose la planète à absorber ces mêmes gaz. Attention cependant, le terme empreinte carbone est trompeur ! Il existe de nombreux GES tels que le dioxyde de carbone (CO₂), le méthane (CH₄) ou bien encore le protoxyde d’azote (N₂O). Mais alors pourquoi parlons-nous uniquement d’empreinte carbone ? Et bien parce qu’il s’agit du GES que nous, humains, produisons le plus (e.g. combustion des énergies fossiles, urbanisation, déforestation, etc). Pour simplifier le discours, tout en permettant la comparaison de l’empreinte laissée sur la planète par nos différentes activités, une unité universelle a été définie : l’empreinte carbone ! Ainsi, toutes les émissions de GES (de tous les GES donc !) sont exprimées en kilogramme ou tonne équivalent CO₂. Cela signifie que leur capacité à réchauffer la planète a été ramenée à la valeur qui aurait été obtenue dans le cas du CO₂. 



2. L’objectif de neutralité carbone défini en quelques mots 

Les dérèglements climatiques ne sont plus un secret pour personne. Bien qu’il soit difficile de comprendre tous les tenants et aboutissants de cette hausse des températures (qui peut même parfois paraitre “futile”, +2°C, est-ce réellement un problème ?!), nous savons qu’il est primordial de la limiter autant que possible ! 

L’effet de serre est un phénomène naturel, phénomène naturel qui permet la vie sur Terre ! En retenant une partie de l’énergie solaire qui est renvoyée de la surface de la terre sous forme de rayonnement infrarouge, les gaz présents dans l’atmosphère proche de cette dernière permettent de maintenir une température moyenne en surface de +15°C, température qui serait de -18°C sans cet effet de serre dit naturel. 

L’effet de serre additionnel résultant des émissions de GES générées par nos activités anthropiques (e.g. industrie, agriculture, transport, etc) n’a en revanche rien de naturel ! Et le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat a confirmé qu’il était à l’origine des dérèglements climatiques que nous observons et ressentons sur l’ensemble de la planète (IPCC 2014). Les conséquences néfastes (et souvent dramatiques) de cette augmentation des températures sont nombreuses : augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles, hausse du niveau des océans, etc. Il est donc primordial de ralentir et de limiter autant que possible ce réchauffement global ! 
 
Mais comment faire ? Et bien en limitant, collectivement et activement, nos émissions de GES !
L’Accord de Paris sur le climat (COP21 – CCNUCC) propose de réduire les émissions de GES générées par nos activités et modes de vie pour limiter l’augmentation des températures à +2°C par rapport à l’ère préindustrielle d’ici à 2100. Pour parvenir à cet objectif, un «  budget carbone restant à émettre » permettant à un pays, une entreprise ou même un individu d’atteindre la neutralité carbone a été établi. 

Mais la neutralité carbone, qu’est-ce que c’est au juste ? Et bien il s’agit tout simplement, à l’échelle d’un français par exemple, de l’état d’équilibre entre les émissions de GES dont nous sommes responsables et la capacité de la planète à absorber ces émissions. En d’autres mots, il s’agit de la quantité de GES que nous pouvons émettre au cours d’une année et qui permettrait de limiter l’augmentation des températures à +2°C d’ici à 2100. 

Et pour vous donner une idée plus précise en termes de chiffres : et bien cela veut dire que nous devons abaisser nos émissions de GES qui sont actuellement à 11,7 tonnes équivalent CO₂ par an et par français, à 2 tonnes ! Au travail donc !



3. Présentation de la démarche « Mesurer – Réduire – Compenser »

Que ce soit dans notre quotidien ou bien à l’échelle d’une entreprise, la démarche à adopter pour diminuer efficacement et significativement nos émissions de GES est celle de « Mesurer – Réduire – Compenser ». Et avec pas moins de 1,4 milliards de touristes voyageant chaque année, le rôle du secteur du tourisme dans cette lutte contre le réchauffement climatique est indéniable ! Nos habitudes de voyages et plus largement nos habitudes de vie doivent être repensées, et s’inscrire dans une démarche de développement durable. 

Et la première étape, pour pouvoir proposer un modèle de voyage qui soit à la fois responsable et durable, est d’identifier les sources principales d’émissions de GES en les MESURANT. Cette étape de quantification permet in fine de RÉDUIRE ces émissions de GES en identifiant les améliorations qu’il est possible d’apporter au modèle de voyage proposé, tout en permettant de COMPENSER celles qui n’auront pu être évitées. 

Et en quelques mots, la compensation consiste à adopter un point de vue à large échelle sur le réchauffement planétaire en considérant que nos émissions de GES ont des effets globaux, sur l’ensemble de la planète donc, et non pas limités à notre localisation. Il est donc possible de venir compenser nos émissions de GES en les « soustrayant », c’est-à-dire en finançant des projets de réduction d’émissions de GES (e.g. développement de technologies durables) ou de séquestration de carbone (e.g. reforestation) à hauteur de ce que nous avons émis. 



4. Notre protocole de quantification

Dans le cadre de notre engagement et de cette démarche « Mesurer – Réduire – Compenser », nous avons développé un protocole de quantification standardisé pour permettre la quantification de l’empreinte carbone de toutes les expéditions proposées dans notre catalogue. 

Mais pourquoi avoir fait le choix d’un protocole standardisé ? 
Et bien tout simplement pour nous permettre de comparer nos expéditions ! Il faut en effet savoir qu’il n’est pas possible d’obtenir le même niveau de détails, en termes d’émissions de GES, pour toutes les expéditions (e.g. consommation énergétique des bâtiments utilisés pour l’hébergement). Il a donc été nécessaire de tout d’abord définir les sources principales d’émission de GES de nos expéditions, et ensuite d’émettre des hypothèses pour obtenir une valeur d’empreinte carbone qui soit à la fois la plus représentative possible de l’expédition et de notre démarche responsable, tout en étant objective et comparable. 

Quelles sont les sources d’émissions de GES prises en compte pour effectuer ce bilan carbone ? Et quelles sont les principales hypothèses qui ont été formulées ? 
Les trois sources d’émissions de GES suivantes ont été considérées dans notre protocole de quantification : le transport, l’alimentation et l’hébergement. Les bases de données Base Carbone et AGRIBALYSE, qui sont respectivement administrée et produite par l’Agence de la Transition Écologique (ADEME), ont été utilisées dans le cadre de ce protocole pour effectuer le bilan carbone de chacune des expéditions.

    - LE TRANSPORT 
Les émissions de GES générées par les différents moyens de transport utilisés pendant l’intégralité des expéditions sont prises en compte : du départ du participant depuis son domicile jusqu’à son retour chez lui. Ce poste d’émission comprend donc les déplacements suivants :
  • transport des participants aller-retour entre leur lieu de domicile et le lieu de l’expédition,
  • transport aller-retour du guide entre son lieu de domicile et le lieu de l’expédition,
  • tous les transferts effectués par les participants et leur guide au cours de l’expédition, quel que soit le moyen de transport utilisé (e.g. van 9 places, bateaux, VTT électrique, chiens de traineau, etc). 

Un départ depuis Paris a été considéré pour tous les participants. Pour les expéditions réalisées en France Métropolitaine, un trajet en transports en commun, correspondant aux modes de transports que nous encourageons nos participants à utiliser (i.e. TGV, TER, bus), a été pris en compte. Pour les expéditions réalisées en Europe, le trajet le plus direct en avion entre Paris et le lieu de l’expédition a été considéré. Enfin, les émissions de GES générées par le guide, et par l’ensemble des transports partagés par les participants durant les transferts effectués au cours de l’expédition, ont été équitablement réparties entre chacun des participants, sur la base du nombre de participants maximum autorisé sur l’expédition. 

    - L’ALIMENTATION
Le poste ALIMENTATION comprend les sources d’émissions de GES suivantes :
  • acheminement des colis de nourriture par un transporteur depuis Annecy jusqu’au domicile du guide,
  • ensemble des produits alimentaires consommés au cours de l’expédition, 
  • acheminement éventuel des colis de nourriture au cours de l’expédition,
  • utilisation de gaz pour la préparation des repas. 

Toujours sur la base du nombre de participants maximum autorisé sur l’expédition, les émissions de GES engendrées par le transport des colis de nourriture, ainsi que l’ensemble des repas pris par le/les guide(s), ont été équitablement réparties entre l’ensemble des participants. 

    - L’HÉBERGEMENT
Le dernier poste d’émissions de GES considéré dans notre protocole de quantification est celui de l’HÉBERGEMENT. Les 4 catégories d’hébergement suivantes ont été distinguées afin de pouvoir prendre en compte les différences en termes de consommation énergétique et donc d’émissions de GES des différents types d’hébergements rencontrés lors de nos expéditions :
  • les hébergements « Zéro Conso » : nuits à la belle étoile, tentes, cabanes et refuges non gardés,
  • les hébergements « sobres » : refuges gardés, 
  • les hébergements « comme à la maison » : chambre chez l’habitant, airbnb et gîtes, 
  • les hébergements « consommateurs » : les hôtels. 

À l’instar de ce qui a été fait pour les postes d’émission Transport et Alimentation, et toujours sur la base du nombre de participants maximum autorisé sur l’expédition, les émissions de GES engendrées par les hébergements utilisés par le/les guide(s) ont été équitablement réparties entre l’ensemble des participants. 

Ce protocole de quantification standardisé permet donc d’obtenir, pour chaque expédition, une valeur d’empreinte carbone qui est exprimée en kilogrammes équivalent CO₂ par participant et par jour d’expédition. 
 
Si vous souhaitez en savoir plus, une présentation plus détaillée de ce protocole et des bases de données utilisées pour réaliser cette quantification est disponible juste ici



5. La classification de nos expéditions 

2 tonnes d’équivalent CO₂ par an et par français, vous vous souvenez de ce chiffre ? Nous l’avons mentionné plus haut : il s’agit de l’objectif à atteindre, en terme d’émissions de GES pour la France, si nous souhaitons parvenir à atteindre l’objectif de neutralité carbone et à limiter l’augmentation des températures à +2°C d’ici à 2100. Et bien ramené à une journée, 2 tonnes équivalent CO₂ de GES émis chaque année par un français, ça représente environ 5,5 kilogrammes équivalent CO₂ émis par jour et par personne

Nous avons donc décidé d’utiliser cette valeur comme seuil de référence pour procéder au classement de nos expéditions. Ainsi, si les émissions de GES générées par participant et par jour d’expédition sont égales ou inférieures à cette valeur, la meilleure « note » est attribuée à l’expédition, et ainsi de suite jusqu’à obtenir le moins bonne “note” qui correspond à des émissions de GES journalières par participant supérieures à 250 kg équivalentCO₂. 

Un classement en nombre de feuilles a été défini pour vous aider à vous repérer et le voici :

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