Le 19 décembre 2019
Conseils & préparation

La règle des 3 en survie


Par Marine


Explora Project
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SURVIVRE.
Évoluer en milieux isolés ou éloignés ne s’improvise pas. Chaque lieu est différent et nécessite de bonnes connaissances. Vous connaissez sans doute la pyramide de Maslow ? Les besoins fondamentaux de l'être humain sont divisés en 5 catégories :
1.  Besoins vitaux
2. Besoins de sécurité et protection
3. Besoin d'amour et d'appartenance
4. Besoin d'estime de soi
5. Besoin de se réaliser

La logique voudrait que la satisfaction du premier besoin conditionne le passage au deuxième et ainsi de suite. En survie, trois besoins deviennent fondamentaux pour rester en vie.

L'indispensable règle des 3 :

Cette règle définit nos besoins de base, sur le terrain, en situation de survie. Cette liste est classée par l’ordre de priorité.  Il est indispensable de savoir gérer ses priorités pour rester en vie. A risque égal, la priorité doit le plus souvent porter sur le point le plus immédiatement mortel. Les règles sont simples : 3, le chiffre clé.

  • 3 secondes d’inattention : Ici, on parle de gestion du risque. En montagne ou dans toutes expéditions, 3 secondes d’inattention peuvent vous être mortelles (chute de pierres, branches ou arbres par exemple). La prudence est indispensable surtout en milieu engagé ou éloigné. Plusieurs facteurs peuvent altérer cette vigilance : le stress, la dynamique de groupe, la fatigue, la déshydratation ou encore l’hypothermie/l’hyperthermie. 

  • 3 minutes sans oxygène : De l’oxygénation des centres vitaux au pansement compressif à la qualité de l’air que vous respirez, un manque d’oxygène de plus de 3 minutes vous sera fatal. Cela peut passer également par la vérification du remplissage des bouteilles d’oxygènes lors des expéditions sous-marine ou en très haute altitude.

  • 3 heures sans protection à l’environnement (froid, insolation) : C’est souvent le facteur le plus mortel en milieu naturel. Il suffit d’une perte de mobilité (épuisement, blessure) pour vous faire entrer en hypothermie.

    3 jours sans eau potable : L’une des compétences les plus importantes en milieu naturel est de savoir trouver de l’eau et la rendre potable. Même si le manque d’eau est rarement le facteur le plus meurtrier, les effets de la déshydratation vous tueront à petit feu. 

  • 3 semaines sans manger : Concernant la nourriture, le corps est une machine incroyable. Il apprend à jeûner et à puiser dans ses réserves pour survivre. Trouver à manger est évidemment nécessaire mais reste secondaire. 

  • 3 mois sans contact humain : Mourir de solitude peut vous paraître invraisemblable, mais privé de tout contact social un individu est souvent sujet à des fortes hallucinations avant de sombrer dans la folie. Pour surmonter cette solitude, il est vital de se raccrocher à n’importe quoi : un animal, une plante ou même s’inventer un compagnon de route.

Voici quelques méthodes pour survivre dans le froid :
Vous souhaitez partir en expédition dans des conditions hivernales ? On vous donne des conseils de base pour que votre expédition se passe dans les meilleures conditions :

  • Bien se nourrir : 
    Alors que nous avons besoin d’environ 2500 à 3000 kcal en saison estivale, l’hiver nous demande un apport énergétique bien plus important, que l’on peut presque doubler. L’énergie que le corps demande pour lutter contre le froid, la fatigue, au montage du campement et aux nuits sous tente n’est pas à négliger. Manger chaud, grignoter tout au long de la journée et intégrer du bon gras (huiles, beurre) est essentiel.  Noix, fromage, saucisson, fruits séchés, soupe, crackers seront vos meilleurs amis durant la journée ! Oubliez les aliments qui contiennent de l’eau et qui gèlent (pain, fruits ou légumes frais…etc). Les petits-déjeuners et dîners seront célébrés avec de la nourriture lyophilisée : elle se conserve longtemps, elle est légère à transporter, rapide à préparer et très nourrissante selon les marques choisies. 

  • S'hydrater : Par temps froid, la sensation de soif est diminuée, mais boire reste essentiel (minimum 2l/jour minimum). Des boissons chaudes comme du thé facilitent l’envie de s’hydrater. Des bouteilles isothermes sont primordiales. Si vous optez pour une gourde, assurez-vous de l’isoler pour que votre eau ne gèle pas, et l’ajout de poudre sucré à l’orange ou au citron vous motivera à boire. Une déshydratation du corps ne fait pas de cadeau en milieu isolé hivernal. Elle est un facteur favorisant les engelures ! Comptez 40 min pour faire fondre 3L de neige au réchaud.
     Astuce : Mettez le reste de votre gourde au fond de la casserole pour que la neige fonde plus vite, et isolez la du vent.

  • Le campement : De façon générale, prévoyez de vous arrêter au moins 2h avant le coucher de soleil, afin d’avoir le temps de monter votre campement.  

  • Premièrement, se réchauffer et manger/boire : contrairement à ce qu’on pourrait penser, mettre des vêtements amples permet de garder la chaleur du corps en aidant la formation d’une couche d’air chaude. Changez vos vêtements mouillés contre des vêtements secs, en y ajoutant une polaire, une doudoune et un coupe-vent. Il est important de protéger aussi les extrémités qui ont tendance à être délaissées par le corps en cas d’hypothermie. Il est inutile de mettre deux paires de chaussettes ! Mettre vêtements trop serrés empêchera la circulation sanguine et donc la régulation de la chaleur dans votre corps. Ensuite, prenez une grosse collation et hydratez vous.

  • Deuxièmement, monter la tente :  le plus efficacement possible. Choisir une zone plate où l’épaisseur de neige est suffisante pour insérer des ancres ou des skis. La tente doit être disposée dans l’axe du vent : ouverture opposée au vent. Après avoir choisi son emplacement, il faut aplatir le sol et creuser pour pouvoir permettre le déplacement autour de votre logement. 

  • Dernièrement, organiser l’intérieur de votre tente :  Placer impérativement un matelas bien isolant en dessous de votre duvet afin de vous protéger de l’humidité et du froid. Si possible, placer entre la neige et la tente une couverture de survie afin de mieux vous isoler. Laisser aérer votre tente avec un couloir d’air pour éviter la condensation et ainsi de pas retrouver un sac de couchage mouillé le matin. La condensation et l’humidité seront vos pires ennemis. Votre duvet sera votre isolant, plus il est épais et plus il réduit votre perte calorique mais il ne vous réchauffera pas. Votre corps doit avoir chaud avant de se glisser dans sac de couchage.  Pour cela,  2 solutions : faire un peu d’exercice. Sauter sur place, bouger pour faire monter la température de votre corps mais attention à ne pas transpirer ! Autre solution, avoir une gourde que vous pouvez utiliser comme bouillotte. Mais attention, dès que sa température descend, sortez-la du duvet pour ne pas faire baisser votre température. 

A vous de jouer ! Mais pas d’inquiétude, toutes nos expéditions sont réalisées avec des professionnels qui vous aideront à mettre en pratique ces méthodes !

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